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Dossier · Portugal

Sébastien Ier de Portugal : le roi et le sébastianisme

Sébastien Ier, dit le Désiré, fut roi de Portugal de 1557 à 1578. Fils posthume de l’infant Jean, né à Lisbonne le 20 janvier 1554, il est roi à trois ans et meurt à vingt-quatre ans à la bataille d’Alcácer Quibir, au Maroc, le 4 août 1578, sans héritier. Sa mort livre le Portugal à Philippe II d’Espagne en 1580 et fonde le sébastianisme, l’attente de son retour.

Cette histoire est aussi une leçon de cinq minutes dans Pépite. Essayer les premières cartes

En quelques dates

  1. 2 janvier 1554
    Son père meurt à seize ans
    L’infant Jean, seul fils vivant de Jean III, meurt dix-huit jours avant l’accouchement de sa femme.
  2. 20 janvier 1554
    Naissance de Sébastien, à minuit
    Le jour de la Saint-Sébastien. Baptisé le huitième jour, il portera le nom du martyr dont on a promené le bras dans Lisbonne.
  3. 1557
    Roi à trois ans
    À la mort de Jean III. Sa grand-mère gouverne, le cardinal Henri la remplace en 1562, et il règne seul à partir de 1568.
  4. 4 août 1578
    Alcácer Quibir
    La bataille des Trois Rois commence à dix heures du matin. Personne ne verra mourir le roi.
  5. avril 1581
    Les Cortès de Tomar
    Philippe II d’Espagne y est reconnu Philippe Ier de Portugal. L’union des deux couronnes durera soixante ans.
  6. 1934
    Pessoa publie Mensagem
    Le roi disparu y prend la parole et commence par un impératif : « Sperae! »

Qui était Sébastien Ier de Portugal ?

Le roi qui n’a jamais connu son père. L’héritier du trône, l’infant Jean, seul fils encore vivant de Jean III, meurt d’une maladie le 2 janvier 1554, dix-huit jours avant l’accouchement de sa femme : la chronique du règne précise que le roi et la reine le cachèrent à la princesse Jeanne d’Autriche jusqu’à la naissance, en venant la voir le visage souriant. Les douleurs la prennent à minuit, le 20 janvier 1554. Jean III meurt en 1557, et l’enfant est roi à trois ans. Sa grand-mère Catherine d’Autriche gouverne pour lui, le cardinal Henri la remplace à la régence en 1562, et il prend le pouvoir lui-même en 1568.

Son nom lui vient du jour de sa naissance. Baptisé le huitième jour, il reçoit le nom de Sébastien, le premier roi de Portugal à le porter, parce qu’il est né le jour de la Saint-Sébastien : dans la nuit, une procession avait traversé Lisbonne en portant le bras du martyr, rapporté de Rome sous Clément VII. Son surnom dit l’autre moitié de l’affaire. On l’appelle o Desejado, le Désiré, parce que l’héritage des royaumes ne tenait plus, écrit la même chronique, qu’à la seule vie du prince Jean, et que ce prince venait de mourir à seize ans.

On l’élève pour la religion et pour la guerre. La notice du monastère des Hiéronymites, où il repose, parle d’une éducation rigoureuse, centrée sur la religion et l’art militaire, et d’un enfant qui grandit avec le désir d’étendre l’empire chrétien ; elle rappelle que Camões lui a dédié Les Lusiades, où il est l’espoir de la chrétienté. Il fait un premier voyage en Afrique en 1573. La chronique de son règne insiste sur sa chasteté, qu’il garda jusqu’à la mort, et rapporte que les moins bienveillants en tiraient une autre explication. À vingt-quatre ans, il n’a ni femme ni enfant.

Comment est mort le roi Sébastien ?

Au combat, le 4 août 1578, près d’Alcácer Quibir, dans le nord du Maroc. Il était passé en Afrique pour soutenir un sultan chassé du trône, al-Mutawakkil, contre son oncle Abd al-Malik. La bataille commence à dix heures du matin, en pleine chaleur, et l’armée portugaise est encerclée puis écrasée. La chronique du règne, publiée sous le nom de frère Bernardo da Cruz, résume la journée : trois rois si puissants eurent leur fin en un seul jour, en moins de deux heures, et si près les uns des autres qu’en mourant ils pouvaient se voir.

Personne ne l’a vu mourir, et la chronique le dit elle-même. On l’avait vu partir vers la rivière, au bout du champ de bataille, et on l’y retrouva mort ; mais comme il n’y avait personne qui sût de quelle manière il était mort, certains supposaient qu’il avait été fait captif puis tué dans une dispute sur qui l’emmènerait, d’autres qu’il s’était défendu jusqu’à la mort quand on avait voulu le dépouiller. C’est ce trou dans le récit, et non l’absence d’un corps, qui ouvre tout le reste.

De là son autre nom : la bataille des Trois Rois. Les trois meurent le même jour, Sébastien, Abd al-Malik et al-Mutawakkil. Un compte rendu paru dans les Annales en 1995 du livre que Lucette Valensi a consacré à cette journée en donne le bilan : le Maroc en sort enrichi et prend l’allure d’une puissance régionale, le Portugal y subit des pertes énormes et passe sous la couronne d’Espagne en 1580. Ce livre, précise le compte rendu, n’est pas un récit de bataille : c’est une histoire des récits qu’en ont faits les vainqueurs et les vaincus.

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Les premières cartes de « Le roi Sébastien, celui qu’on attend encore », telles que tu les verras dans l’app.

Un coq, un roi et trois enfants · Le roi Sébastien, celui qu’on attend encore

Lisbonne, devant le palais20 janvier 1554, au matin

Une foule immense sur la place, et pas un bruit. Tous les yeux sont levés vers les fenêtres.

Là-haut, depuis minuit, une princesse est en couches : Jeanne, la belle-fille du roi Jean III. Son mari, l’héritier du trône, est mort il y a dix-huit jours, à seize ans. On le lui cache : le roi et la reine viennent la voir le visage souriant. Elle se doute de quelque chose, dit la chronique du futur roi. Dans la nuit, une procession a porté à travers la ville une relique, le bras de saint Sébastien. Au matin, des nobles paraissent aux fenêtres, la voix cassée de joie : c’est un prince.

Le huitième jour, on le baptise. Il est né le jour de la Saint-Sébastien, le saint dont le bras a traversé la ville : il s’appellera Sébastien. Reste une question. Pourquoi un seul bébé compte-t-il autant ?

A-t-on retrouvé son corps ? La question est débattue

Un corps a été retrouvé, reconnu et enterré ; savoir si c’était le sien a été discuté dès les premiers jours, et l’est encore. Les deux choses sont vraies en même temps, et c’est ce qui rend la suite possible.

Le récit le plus détaillé vient d’un prisonnier. Le jour même de la bataille, un valet de chambre du roi, Sebastião de Resende, passe parmi les morts, amis et ennemis mêlés, tous nus et dépouillés, sans différence aucune, et reconnaît le corps de son maître. Le lendemain, il le recouvre de sa propre chemise et le ramène sur une monture : une blessure au front, une autre, très grande, sous le bras droit. Les nobles captifs le reconnaissent à leur tour. Mais celui qui raconte, Jerónimo de Mendonça, qui était parmi eux, ajoute aussitôt une réserve : si des yeux à ce point couverts de larmes pouvaient reconnaître entièrement.

La chronique du règne en ajoute une autre, plus gênante. Avant l’enterrement, le gouverneur de la ville fait venir des captifs pour reconnaître le corps ; l’un d’eux, Martim de Castro dos Rios, arrive devant un visage enflé par trois jours de mort, ne le reconnaît pas et refuse d’affirmer que c’était lui. Trois siècles plus tard, l’historien Oliveira Martins note que les prisonniers avaient dressé un acte de reconnaissance, mais qu’on avait dit ensuite qu’ils l’avaient fait pour mieux couvrir leur fuite, en ôtant à l’ennemi l’espoir de tenir le roi vivant.

L’itinéraire des restes, lui, est documenté. Le monastère des Hiéronymites, qui les abrite, en retrace les étapes : le corps recueilli le lendemain de la mort dans la maison de l’alcaide Ibrahim Sufiani, remis des mois plus tard à Ceuta, alors portugaise, déposé quatre ans dans l’église de la Trinité, puis transféré en août 1582 à Belém sur l’ordre de Philippe II d’Espagne, devenu Philippe Ier de Portugal. La même notice ajoute que les nobles survivants auraient prêté un second serment sur leur reconnaissance, plus tard, à Lisbonne, au couvent du Carmel. Le tombeau de marbre qu’on voit aujourd’hui, porté par deux éléphants, est de 1682.

Des historiens tranchent dans un sens. Deux chercheurs de l’université du Minho, qui ont retracé la réception du mythe en France et au Maroc, citent Bernard Rosenberger : on retrouve le corps de Sébastien, bien qu’on ait dit qu’il avait disparu, ce que certains ont cru longtemps dans l’attente de son retour. Ils citent aussi le diplomate marocain Younès Nékrouf, qui travaille sur les archives de France, d’Espagne et d’Angleterre et conclut que tous attestèrent que c’était bien lui. Ce qui manque n’est donc pas le corps : c’est un témoin de la mort.

La crise dynastique et l’union avec l’Espagne (1578-1581)

Un roi mort sans enfant, et une branche éteinte. Sébastien était le dernier descendant direct de Jean III ; après lui, la couronne revient à son grand-oncle, le cardinal Henri, cinquième fils de Manuel Ier, ordonné prêtre à quatorze ans parce que personne n’imaginait qu’il régnerait. Le monastère des Hiéronymites résume ce règne de deux ans : Henri renonce à sa charge cléricale et cherche aussitôt une épouse pour donner une suite à la dynastie d’Aviz, mais le pape Grégoire XIII, proche des Habsbourg qui prétendent au trône, refuse de le délier de ses vœux.

Pendant trois semaines, le royaume n’a pas de roi mort. Le 24 août 1578, un acte public fait du cardinal le gouverneur, curateur et successeur du royaume, tenu pour orphelin aussi longtemps que la mort de Sébastien ne serait pas établie. Il a fallu la lettre de Belchior do Amaral, qui avait enterré le corps et témoignait l’avoir vu, pour que Lisbonne célèbre les cérémonies funèbres, le 27 août. La rumeur courait déjà : beaucoup affirmaient que le roi était vivant, note la chronique, et d’autres faisaient là-dessus de gros paris.

Henri fit citer les prétendants comme on cite des parties à un procès. Philippe II de Castille ; Catherine, femme du duc de Bragance, à Vila Viçosa ; Antoine, prieur de Crato, à qui il était interdit d’entrer à la cour ; le duc de Savoie et prince de Piémont ; Ranuce, fils du prince de Parme. Le roi de France cherchait de son côté sur quoi fonder une action, et les villes plaidaient un droit d’élire. L’argument qui l’emporta est celui de Philippe : petit-fils aîné de Manuel Ier, né de sa fille aînée l’impératrice Isabelle, et homme, ce qui écartait Catherine parce qu’elle était femme et Antoine parce qu’Henri l’avait déclaré illégitime.

Henri meurt le 31 janvier 1580, le jour de ses soixante-huit ans, sans avoir tranché. Ses gouverneurs, réfugiés à Castro Marim, donnent la couronne à Philippe par sentence. Antoine, acclamé roi à Lisbonne, est battu en août à Alcântara par le duc d’Albe. En avril 1581, les Cortès réunies à Tomar reconnaissent Philippe II d’Espagne comme Philippe Ier de Portugal. L’union des deux couronnes durera soixante ans, jusqu’en 1640.

Qu’est-ce que le sébastianisme ?

La croyance que Sébastien n’est pas mort à Alcácer Quibir et qu’il reviendrait au Portugal un matin de brouillard pour en restaurer l’indépendance. C’est la définition qu’en donne le dictionnaire Priberam de la langue portugaise, qui en ajoute deux autres : par extension, un espoir démesuré, presque religieux, dans le rôle salvateur de quelque chose ou de quelqu’un ; et, péjorativement, l’attachement à ce qui est dépassé.

Ce n’est pas une légende inventée plus tard. La chronique du règne, écrite dans les décennies qui suivent, note que la réputation d’un roi vivant ne put être éteinte, et qu’elle dura jusqu’à la mort du cardinal et longtemps après. Oliveira Martins raconte un épisode des mêmes semaines : un fuyard masqué se présente devant Arzila en se disant Sébastien, pour qu’on lui ouvre les portes ; le capitaine de la place et le menteur lui-même témoignent, en vain, car le peuple ne voit dans ces démentis qu’une ruse de ceux qui le gouvernent.

L’annexion a changé la nature de l’attente. Deux chercheurs de l’université du Minho distinguent le sébastianisme historique, né de l’incertitude sur le sort du roi, du messianisme sébastianiste qui lui succède et que nourrit le rattachement du Portugal à l’Espagne : on n’attend plus seulement un homme, on attend le Rédempteur qui rendra son indépendance au royaume. Ils résument le mythe en deux visages, le Désiré et le Caché, o Encoberto, et notent qu’il repose en grande partie sur des rumeurs : le roi serait-il vivant quelque part au Maroc ou au Portugal ?

Son texte fondateur n’est pas un chroniqueur, c’est un cordonnier. Les Trovas de Bandarra, de Trancoso, rimées avant la bataille, servent de grille de lecture à tout ce qui suit. S’y ajoute la légende du miracle d’Ourique, où le Christ aurait promis à Afonso Henriques, fondateur du royaume, un empire chrétien à la seizième génération des rois portugais. En introduisant ce thème de la seizième génération, écrit Lucette Valensi, citée par les mêmes chercheurs, on désignait Sébastien comme celui qui concrétiserait la promesse.

Les faux Sébastien, un fait historique

Quatre hommes se sont dits Sébastien entre 1584 et 1603, et les quatre ont été jugés et mis à mort. Ce ne sont pas des légendes : ce sont des procès, des sentences et des dates.

Les deux premiers sortent du pays même. En 1584 puis en 1585, raconte Oliveira Martins, le peuple acclame successivement un potier, le roi de Penamacor, près de la frontière, au pied de la serra da Estrela, et un tailleur de pierre, le roi d’Ericeira, au bord de la mer. Tous deux meurent sur l’échafaud. L’historien refuse de les appeler imposteurs ou charlatans : il y voit des hommes simples, comme est simple le peuple qui les acclame et qui les suit.

Le troisième est castillan et pâtissier. La Bibliothèque numérique de Castille-et-León conserve une Historia imprimée à Madrid en 1785 dont le titre dit tout : histoire de Gabriel de Espinosa, pâtissier à Madrigal, qui feignit d’être le roi don Sébastien de Portugal, et de même celle de frère Miguel de los Santos, en l’année 1595.

Le quatrième tombe en 1598, vingt ans tout juste après la disparition. Un chercheur de l’université de Porto a reconstitué l’affaire : à Venise paraît un Calabrais, Marco Túlio Catizone, qui se dit le roi perdu en Afrique, dans une année déjà saturée de prodiges et de miracles annoncés. Un an plus tôt, João de Castro, petit-fils du vice-roi du même nom, avait publié son calcul : selon sa computation, le roi reparaîtrait avant qu’on se mette à compter seize cents, et il le tenait pour très ferme, ce serait infailliblement en 98. Catizone et quelques complices furent condamnés à San Lúcar de Barrameda le 23 septembre 1603.

Oliveira Martins tire la leçon de la série en une phrase : pour le peuple, tous les Sébastien successifs étaient vrais, et ne devenaient faux qu’en mourant.

Le sébastianisme après le XVIe siècle

L’attente a survécu à l’union, puis à la restauration de l’indépendance en 1640. Oliveira Martins la retrouve en 1808, quand Junot occupe Lisbonne : le sébastianisme reparut comme toujours, écrit-il, Napoléon était l’Encoberto, et l’on relisait chez Bandarra le N et l’aigle, deux vers y annonçant que l’aigle impériale se lève et fait son nid au Portugal. Pour lui, c’est la révolution libérale du XIXe siècle qui achève définitivement ce corps d’idées, d’ambitions et d’habitudes qu’il appelle d’un seul mot.

Le mythe passe aussi les frontières. Les deux chercheurs du Minho ont suivi sa réception française et marocaine : le grand opéra en cinq actes de Donizetti, Dom Sébastien, roi de Portugal, sur un livret d’Eugène Scribe, joué à l’Opéra de Paris en 1843, fut l’un des moments décisifs de ce transfert. Au XXe et au XXIe siècle, Younès Nékrouf, Lucette Valensi et Catherine Clément y reviennent chacun à leur manière, essai ou roman.

En 1934, Fernando Pessoa place le roi au seuil de la dernière partie de Mensagem, le seul livre de poèmes en portugais qu’il ait publié vivant. Il lui fait dire quatre mots qui tiennent tout le mythe : « Sperae! Cahi no areal ». Espérez, ou attendez : en portugais, le verbe esperar porte les deux sens. Le roi reconnaît la chute et le sable, puis la strophe suivante bascule au futur, ce qu’il s’est rêvé étant ce qu’il reviendra être.

Il reste un tombeau et quelques phrases toutes faites. Les deux chercheurs du Minho closent leur article sur celles qu’on entend encore au Portugal : on a besoin du roi Sébastien, le roi Sébastien viendra un matin de brouillard, peut-être. Le monastère des Hiéronymites, où il repose depuis 1582, redonne la même image à ses visiteurs, et ajoute que cette espérance a duré des siècles.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le sébastianisme ?
La croyance que le roi Sébastien n’est pas mort à la bataille d’Alcácer Quibir, en 1578, et qu’il reviendrait au Portugal un matin de brouillard pour en restaurer l’indépendance. C’est la définition du dictionnaire Priberam, qui en donne deux autres : par extension, un espoir démesuré, presque religieux, dans le rôle salvateur de quelqu’un, et, péjorativement, l’attachement à ce qui est dépassé. L’attente naît après 1578 et le rattachement du Portugal à l’Espagne la transforme en attente d’un Rédempteur.
Comment est mort le roi Sébastien ?
Au combat, le 4 août 1578, près d’Alcácer Quibir, dans le nord du Maroc, à vingt-quatre ans. Mais personne ne l’a vu mourir, et la chronique de son règne l’écrit : faute de quelqu’un qui sût de quelle manière il était mort, certains supposaient qu’il avait été fait captif puis tué dans une dispute sur qui l’emmènerait, d’autres qu’il s’était défendu jusqu’au bout quand on avait voulu le dépouiller. C’est cette absence de témoin, et non l’absence de corps, qui a laissé la place au doute.
A-t-on retrouvé le corps du roi Sébastien ?
Un corps a été retrouvé le jour de la bataille par un valet de chambre du roi, reconnu par les nobles prisonniers, enterré à Alcácer Quibir, remis à Ceuta puis transféré à Lisbonne en août 1582 sur ordre de Philippe II. Mais l’identification a été contestée dès les premiers jours : un captif appelé pour reconnaître le visage, enflé par trois jours de mort, a refusé de l’affirmer, et on a soupçonné les prisonniers d’avoir signé pour couvrir leur fuite. La question reste débattue.
Pourquoi le Portugal est-il passé sous la couronne d’Espagne en 1580 ?
Parce que Sébastien est mort sans enfant et que son successeur, le cardinal Henri, prêtre de soixante-six ans, n’a pas obtenu le droit de se marier : le pape a refusé de le délier de ses vœux. Henri est mort le 31 janvier 1580 sans trancher entre six prétendants. Philippe II de Castille, petit-fils aîné de Manuel Ier par sa fille aînée, l’a emporté par le droit et par les armes : vainqueur à Alcântara en août 1580, reconnu roi par les Cortès de Tomar en avril 1581.
Les faux Sébastien ont-ils vraiment existé ?
Oui, et ce sont des faits de justice, pas des légendes. Quatre hommes se sont dits Sébastien : un potier acclamé à Penamacor en 1584, un tailleur de pierre à Ericeira en 1585, tous deux morts sur l’échafaud ; Gabriel de Espinosa, pâtissier à Madrigal, en 1595 ; et le Calabrais Marco Túlio Catizone, apparu à Venise en 1598 et condamné à San Lúcar de Barrameda le 23 septembre 1603.

Cette histoire est racontée en cinq minutes

Cinq minutes par leçon, en cartes, avec une question le lendemain pour que ça reste.

  • Le roi Sébastien, celui qu’on attend encore

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Sources

Mis à jour le 1er octobre 2026